« Combien ça va me coûter ? » est légitimement la deuxième question des patients, juste après « est-ce que je vais garder mes dents ? ». La réponse honnête tient en une phrase : les soins parodontaux sont pour l'essentiel mal remboursés par la Sécurité sociale, mais ils sont beaucoup moins coûteux que les conséquences d'une parodontite non traitée, et plusieurs dispositifs (prise en charge des diabétiques, forfaits mutuelle, paiement échelonné) rendent le traitement accessible. Voici le détail, chiffres à l'appui.
Pourquoi la parodontologie est « hors nomenclature »
L'Assurance Maladie rembourse les actes inscrits à la Classification commune des actes médicaux (CCAM) à un tarif fixé par convention. Or la plupart des actes parodontaux, surfaçage radiculaire, chirurgie parodontale, greffes gingivales, régénération osseuse, n'y figurent pas, ou n'y figurent qu'à titre « non remboursable ». Ils sont donc dits hors nomenclature (HN) : le praticien fixe librement ses honoraires « avec tact et mesure », et la Sécurité sociale ne verse rien.
Cette situation, héritée d'une nomenclature conçue à une époque où la parodontite était considérée comme une fatalité de l'âge, évolue lentement : la convention dentaire a introduit en 2019 une prise en charge pour les patients diabétiques, étendue depuis à d'autres pathologies. Mais pour la population générale, le traitement parodontal reste à la charge du patient et de sa complémentaire santé.
Ce que rembourse la Sécurité sociale
Certains actes réalisés chez le parodontologue restent pris en charge dans les conditions habituelles :
| Acte | Tarif de base (secteur 1) | Remboursement Assurance Maladie (60 %) |
|---|---|---|
| Consultation | 23 € | 13,80 € |
| Détartrage et polissage (deux arcades) | 28,92 € | 17,35 € |
| Radiographie panoramique | Tarif conventionné | 60 % du tarif |
| Radiographies rétro-alvéolaires | Tarif conventionné (par cliché) | 60 % du tarif |
| Attelle de contention (dents mobiles) | Tarif conventionné | 60 % du tarif |
| Extraction d'une dent | Tarif conventionné | 60 % du tarif |
La part complémentaire (les 40 % restants, appelés ticket modérateur) est en général couverte par la mutuelle, comme pour n'importe quel soin dentaire courant. Vérifiez les montants actualisés sur ameli.fr.
Diabète et pathologies : la prise en charge spécifique
C'est le point que trop de patients ignorent. Depuis avril 2019, l'Assurance Maladie prend en charge deux actes parodontaux chez les patients diabétiques, en raison du lien démontré entre parodontite et déséquilibre glycémique :
- le bilan parodontal (sondage, charting, évaluation), sur une base de 50 € ;
- l'assainissement parodontal, c'est-à-dire le détartrage-surfaçage radiculaire, sur une base de 80 € par sextant (la bouche compte six sextants, soit 480 € pour un traitement complet), renouvelable sous conditions.
Ces actes sont remboursés à 60 % par la Sécurité sociale, le complément étant pris en charge par la mutuelle ou à 100 % dans le cadre d'une affection de longue durée (ALD). La convention dentaire a depuis étendu ce dispositif à d'autres pathologies à composante inflammatoire : insuffisance cardiaque, maladie coronaire, cardiopathies valvulaires, VIH, polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite grave. Si vous êtes concerné, signalez-le dès la prise de rendez-vous : les modalités sont détaillées sur notre page tarifs et remboursements et dans notre guide diabète et gencives.
Prix des soins parodontaux : les fourchettes constatées
Les honoraires étant libres, les prix varient selon la région, l'expérience du praticien, l'étendue de la maladie et les techniques employées. Les fourchettes ci-dessous sont celles couramment observées en France ; elles sont données à titre d'information et ne constituent pas une offre.
| Soin parodontal | Ce qu'il comprend | Fourchette indicative |
|---|---|---|
| Bilan parodontal complet | Sondage en 6 points par dent, charting, radios rétro-alvéolaires, photos, diagnostic, plan de traitement | 80 à 250 € |
| Surfaçage radiculaire | Instrumentation sous-gingivale sous anesthésie, par quadrant ou sextant | 150 à 400 € par quadrant 600 à 1 500 € bouche complète |
| Réévaluation parodontale | Nouveau sondage 8 à 12 semaines après le surfaçage | 50 à 120 € |
| Chirurgie parodontale (lambeau d'assainissement) | Accès chirurgical aux poches résiduelles, par secteur | 400 à 900 € |
| Régénération parodontale | Membrane, substitut osseux ou protéines amélaires, par site | 800 à 2 000 € |
| Greffe de gencive | Recouvrement d'une récession ou renforcement, par site | 500 à 1 200 € |
| Séance de maintenance parodontale | Contrôle du sondage, nettoyage supra et sous-gingival, réinstruction | 80 à 200 € |
| Traitement de la péri-implantite | Non chirurgical ou chirurgical, par implant | 200 à 1 500 € |
Pour situer ces chiffres : un traitement complet d'une parodontite de stade II, sans chirurgie, revient le plus souvent entre 800 et 1 800 € la première année, maintenance comprise. Une parodontite de stade III ou IV avec chirurgie et greffes peut dépasser 3 000 à 5 000 €. Le détail de ce que recouvre chaque étape est expliqué dans les 4 étapes du traitement parodontal.
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Le rôle de la mutuelle
Les complémentaires santé ont progressivement intégré la parodontologie dans leurs garanties, sous des appellations variées. Pour savoir ce que couvre votre contrat, cherchez dans le tableau de garanties les lignes suivantes :
- « Parodontologie » ou « forfait parodontologie » : un montant annuel dédié, typiquement de 100 à 800 € selon le niveau de contrat ;
- « Soins dentaires non remboursés par la Sécurité sociale » ou « actes hors nomenclature » : un forfait global qui couvre aussi les implants ou certaines prothèses ;
- « Forfait dentaire libre » ou « enveloppe dentaire » : à utiliser sur les actes de votre choix.
Attention aux garanties exprimées en pourcentage de la base de remboursement (par exemple « 300 % BR ») : elles ne s'appliquent qu'aux actes remboursés par la Sécurité sociale et ne couvrent donc pas le hors nomenclature. Un contrat à 400 % sans forfait parodontologie ne remboursera pas un surfaçage.
La démarche à suivre : demandez le devis, transmettez-le à votre mutuelle (la plupart proposent un espace en ligne avec réponse sous quelques jours), puis programmez les soins. Certains cabinets font l'avance des frais ou pratiquent le tiers payant sur la part Sécurité sociale, mais rarement sur le hors nomenclature.
Le devis : ce qu'il doit contenir
Un devis écrit est obligatoire avant tout acte à honoraires libres d'un montant égal ou supérieur à 70 €, ce qui couvre l'ensemble des soins parodontaux. Il doit mentionner :
- la description de chaque acte et sa localisation (dents ou secteurs concernés) ;
- le montant des honoraires par acte, et le total ;
- la base de remboursement de la Sécurité sociale lorsqu'elle existe, ou la mention « non remboursable » ;
- la durée de validité et les conditions de règlement.
Un bon devis parodontal est aussi séquencé : il distingue la phase non chirurgicale, la réévaluation, l'éventuelle phase chirurgicale et la maintenance. Il ne vous engage pas : vous pouvez demander un second avis, ou décider de ne réaliser que la première phase avant de vous prononcer sur la suite, ce qui est d'ailleurs la logique même du traitement par étapes.
Comment maîtriser son budget
- Consultez tôt. Une parodontite débutante se traite par un surfaçage et une maintenance ; une parodontite avancée mobilise chirurgie, greffes et parfois prothèses. Le facteur qui pèse le plus sur la facture, c'est le retard au diagnostic.
- Signalez toute pathologie ouvrant droit à une prise en charge (diabète, maladie cardiovasculaire, polyarthrite, VIH…).
- Vérifiez ou renforcez votre mutuelle avant de démarrer : un changement de contrat avec forfait parodontologie est parfois rentable dès la première année.
- Demandez un paiement échelonné : la plupart des cabinets acceptent de répartir les règlements sur la durée du traitement, sans frais.
- Investissez dans la maintenance. Elle coûte quelques centaines d'euros par an mais protège des milliers d'euros de traitements initiaux, et surtout vos dents.
Le coût de ne pas traiter
Il est tentant de repousser un traitement mal remboursé. Mais la parodontite ne s'arrête pas d'elle-même. Non traitée, elle conduit à la mobilité puis à la perte des dents, et chaque dent perdue coûte, pour être remplacée, entre 1 500 et 3 000 € en implant et couronne, dont une faible partie est remboursée. Sans compter les répercussions sur la santé générale, documentées dans parodontite et santé générale : un diabète plus difficile à équilibrer, un risque cardiovasculaire majoré.
Au cabinet Parodonto'Lagny, à Lagny-sur-Marne, chaque plan de traitement fait l'objet d'un devis détaillé, expliqué ligne par ligne, avec des facilités de paiement pour les traitements importants. N'hésitez pas à nous contacter pour toute question sur la prise en charge.