Des gencives qui saignent au brossage, une dent qui semble « s'allonger », une haleine que rien n'améliore : ces signes conduisent chaque année des milliers de patients à chercher un parodontologue. Pourtant, la plupart ne savent pas exactement ce que fait ce praticien, en quoi il diffère de leur dentiste habituel, ni à quoi s'attendre lors du premier rendez-vous. Cet article répond à toutes ces questions, avec le regard d'une praticienne qui exerce la parodontologie au quotidien.

Parodontologue : définition

Un parodontologue est un chirurgien-dentiste qui a orienté sa formation et son exercice vers la parodontologie, la discipline qui étudie et soigne le parodonte. Le mot vient du grec para (« autour ») et odous (« dent ») : le parodonte, c'est littéralement tout ce qui entoure la dent et la maintient en place.

Ce système de soutien comprend quatre tissus :

  • la gencive, la partie visible, qui forme un joint étanche autour du collet de la dent ;
  • l'os alvéolaire, dans lequel la racine est ancrée ;
  • le ligament parodontal, un réseau de fibres qui relie la racine à l'os et amortit les forces de mastication ;
  • le cément, la fine couche minéralisée qui recouvre la racine et sur laquelle s'attachent les fibres du ligament.

Quand ces tissus s'enflamment puis se détruisent, la dent perd progressivement son ancrage, même si elle est parfaitement saine par ailleurs. C'est là qu'intervient le parodontologue : son rôle est de dépister, diagnostiquer, traiter et stabiliser les maladies parodontales, puis de reconstruire ce qui peut l'être (gencive, os) et d'assurer le suivi au long cours. Beaucoup de parodontologues pratiquent aussi l'implantologie, puisque poser un implant revient à créer un nouveau parodonte autour d'une racine artificielle.

Un chiffre à retenir : selon l'Organisation mondiale de la santé, les maladies parodontales sévères touchent près de 19 % des adultes dans le monde, soit plus d'un milliard de personnes. En France, environ un adulte sur deux présente des signes de parodontite à des degrés divers, le plus souvent sans le savoir.

Parodontologue, parodontiste, parodontologiste : quelle différence ?

Aucune. Parodontologue, parodontiste et parodontologiste désignent le même praticien. « Parodontiste » est le terme le plus courant en Belgique, en Suisse et au Québec, où la parodontologie est une spécialité officiellement reconnue ; « parodontologue » domine en France. Vous croiserez aussi les termes « parodontie » et « parodontologie », qui désignent la discipline elle-même.

Un point mérite d'être clarifié pour les patients français : en France, la parodontologie n'est pas une spécialité reconnue par l'Ordre des chirurgiens-dentistes au sens réglementaire. Seules trois spécialités le sont : l'orthopédie dento-faciale (orthodontie), la chirurgie orale et la médecine bucco-dentaire. Un « parodontologue » est donc un chirurgien-dentiste qui a suivi une formation complémentaire (diplôme universitaire, certificat d'études supérieures, D.E.S. de médecine bucco-dentaire, formations de sociétés savantes) et qui a fait le choix d'orienter, parfois exclusivement, son exercice vers le parodonte. Nous détaillons ces parcours dans notre article consacré à la formation et aux diplômes du parodontologue.

Que soigne un parodontologue ?

Le champ d'action du parodontologue couvre l'ensemble des affections du parodonte, des plus bénignes aux plus destructrices.

La gingivite

La gingivite est une inflammation limitée à la gencive, provoquée par l'accumulation de plaque bactérienne. Gencives rouges, gonflées, qui saignent au brossage : c'est le stade réversible. Traitée à temps, elle guérit sans séquelle.

La parodontite

Quand l'inflammation gagne l'os et le ligament, on parle de parodontite. Des « poches » se creusent entre la dent et la gencive, l'os se résorbe, et la dent finit par bouger. Les destructions sont définitives, mais la maladie peut être stabilisée durablement. C'est le cœur de métier du parodontologue, qui classe la maladie par stades et grades pour adapter le traitement.

Les récessions gingivales

Le déchaussement dentaire, ou récession gingivale, expose la racine : la dent paraît plus longue, devient sensible au froid et plus vulnérable aux caries radiculaires. Le parodontologue peut recouvrir la racine par une greffe de gencive.

Les abcès et urgences parodontales

Un abcès parodontal est une infection aiguë d'une poche parodontale : gencive gonflée, douloureuse, parfois écoulement de pus. Il nécessite une prise en charge rapide.

La péri-implantite

Les implants dentaires ne sont pas à l'abri : la péri-implantite est l'équivalent de la parodontite autour d'un implant. Elle touche environ un patient implanté sur cinq et constitue aujourd'hui une part croissante de l'activité des parodontologues.

Les situations à risque

Le parodontologue accompagne également les patients dont le terrain fragilise les gencives : diabète, tabac, grossesse, traitements médicamenteux, antécédents familiaux. Il intervient enfin avant un traitement orthodontique ou prothétique, pour s'assurer que les fondations sont saines.

Dentiste ou parodontologue : qui consulter ?

Tout parodontologue est chirurgien-dentiste, mais tout chirurgien-dentiste n'est pas parodontologue. Votre dentiste traitant assure la prévention, dépiste les maladies des gencives et prend en charge les formes simples : détartrage, conseils d'hygiène, traitement d'une gingivite. Le parodontologue prend le relais lorsque la situation demande un bilan approfondi, un traitement structuré ou un geste chirurgical : parodontite installée, poches profondes, mobilités, récessions à recouvrir, péri-implantite.

Trois différences concrètes :

  • Le temps consacré : un bilan parodontal complet, avec sondage de chaque dent en six points, prend 45 minutes à une heure. Peu de cabinets généralistes peuvent y consacrer ce temps.
  • Le plateau technique : instrumentation sous-gingivale fine, aides optiques, radiographies rétro-alvéolaires systématiques, parfois microscope opératoire.
  • Le suivi : le parodontologue organise la maintenance sur des années, avec un rythme adapté à votre risque de récidive.

Les deux praticiens travaillent en général main dans la main : le dentiste adresse son patient pour la phase parodontale, puis reprend les soins courants une fois la maladie stabilisée. Nous avons consacré un article complet à la question parodontologue ou dentiste.

Quand consulter un parodontologue ? Les 8 signes

La parodontite est une maladie silencieuse : elle ne fait pas mal, ou seulement très tard. Les signes qui suivent justifient une consultation, même isolés.

  1. Des gencives qui saignent au brossage, au passage du fil ou spontanément. Un saignement n'est jamais « normal », même sur des gencives « fragiles ». Voir notre guide gencives qui saignent.
  2. Des gencives rouges, gonflées ou douloureuses, qui ont perdu leur aspect rose pâle et piqueté.
  3. Une mauvaise haleine persistante malgré une hygiène soigneuse : l'halitose d'origine parodontale vient des bactéries logées dans les poches.
  4. Des dents qui paraissent plus longues, avec des racines visibles ou des « triangles noirs » entre les dents.
  5. Une sensibilité au froid au collet des dents, signe fréquent de récession.
  6. Des dents qui bougent ou qui se déplacent : apparition d'un espace entre les incisives, dent qui « s'avance ». Voir dents qui bougent.
  7. Un écoulement de pus ou un goût désagréable persistant, une gencive qui gonfle par épisodes.
  8. Un terrain à risque : diabète, tabac, antécédents familiaux de « déchaussement », grossesse, projet d'implant ou d'orthodontie. Ici, un bilan préventif est justifié même sans symptôme.

En cas de doute, notre autodiagnostic gratuit, inspiré du test de la Fédération européenne de parodontologie, vous donne une première orientation en deux minutes. Pour aller plus loin, lisez quand consulter un parodontologue.

Vos gencives vous inquiètent ?

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Faire l'autodiagnostic

Comment se déroule la première consultation chez un parodontologue

La première consultation est avant tout une consultation de diagnostic. Elle dure en général entre 45 minutes et une heure et se déroule en cinq temps.

  1. L'entretien : vos symptômes, votre historique dentaire, vos antécédents médicaux (diabète, maladies cardiovasculaires, traitements en cours), votre consommation de tabac, vos habitudes d'hygiène. Ces éléments conditionnent le pronostic autant que l'état des gencives.
  2. L'examen clinique : aspect des gencives, plaque et tartre, mobilités, atteintes des furcations (l'espace entre les racines des molaires), récessions, occlusion.
  3. Le sondage parodontal : à l'aide d'une sonde graduée, le praticien mesure la profondeur du sillon entre la dent et la gencive, en six points par dent. Au-delà de 3 mm, on parle de poche parodontale. Le sondage note aussi le saignement, marqueur d'inflammation active. C'est un examen indolore ou très peu sensible.
  4. Les radiographies : un bilan rétro-alvéolaire complet (série de petits clichés) ou une panoramique permet de mesurer la perte osseuse, invisible à l'œil nu.
  5. Le diagnostic et le plan de traitement : le praticien vous explique le stade et le grade de votre maladie, les objectifs réalistes, les étapes, le calendrier et le coût. Un devis écrit vous est remis.

Aucune ordonnance n'est nécessaire pour consulter, et vous pouvez venir de votre propre initiative ou sur les conseils de votre dentiste. Nous détaillons ce rendez-vous, ce qu'il faut apporter et les questions à poser dans première consultation chez le parodontologue : à quoi s'attendre, et l'examen lui-même dans le bilan parodontal.

Les traitements réalisés par le parodontologue

Depuis 2020, le traitement de la parodontite suit une séquence codifiée par la Fédération européenne de parodontologie (EFP), qui a publié des recommandations de pratique clinique reprises dans toute l'Europe. Cette séquence se déroule en quatre étapes, chacune conditionnant la suivante.

Étape 1 : reprendre le contrôle de la plaque et des facteurs de risque

Tout commence par l'apprentissage d'une hygiène adaptée : technique de brossage, brossettes interdentaires calibrées, arrêt du tabac, équilibre du diabète. Un détartrage supra-gingival est réalisé. Sans cette étape, aucun traitement ne tient dans le temps.

Étape 2 : l'assainissement sous-gingival

C'est le surfaçage radiculaire, aujourd'hui appelé instrumentation ou débridement sous-gingival : sous anesthésie locale, le praticien nettoie les racines au fond des poches, à l'aide d'instruments ultrasoniques et de curettes, pour éliminer tartre et biofilm bactérien. Le traitement se fait en une à quatre séances. Une réévaluation est programmée 8 à 12 semaines plus tard : dans la majorité des cas, les poches se sont refermées et le saignement a disparu. Pour comprendre la différence avec un simple détartrage, lisez détartrage ou surfaçage.

Étape 3 : la chirurgie parodontale, si nécessaire

Si des poches profondes persistent (6 mm et plus), la chirurgie parodontale permet d'y accéder directement : lambeau d'assainissement, correction de l'architecture osseuse ou, dans les cas favorables, régénération de l'os perdu à l'aide de membranes, de substituts osseux ou de protéines de la matrice amélaire. La chirurgie plastique parodontale (greffes de gencive) traite quant à elle les récessions.

Étape 4 : la maintenance parodontale

La parodontite est une maladie chronique. Une fois stabilisée, elle doit être surveillée à vie : contrôle du sondage, nettoyage professionnel, ajustement de l'hygiène, tous les 3 à 6 mois selon votre profil. Les études de suivi sur 10 à 30 ans le montrent sans ambiguïté : les patients qui suivent leur maintenance parodontale perdent beaucoup moins de dents que ceux qui l'abandonnent.

À ces quatre étapes s'ajoutent des traitements complémentaires dont l'intérêt est variable : antibiotiques dans des cas précis, laser, antiseptiques locaux. Retrouvez le détail de chaque étape dans les 4 étapes du traitement parodontal.

Combien coûte un parodontologue ? Prix et remboursement

C'est la question que tout le monde se pose, et la réponse est nuancée : une partie des actes est prise en charge par l'Assurance Maladie, mais l'essentiel du traitement parodontal est hors nomenclature, c'est-à-dire non remboursé par la Sécurité sociale, avec des honoraires libres fixés par chaque praticien.

ActePrise en charge Sécurité socialeFourchette de prix constatée en France*
ConsultationOui : 23 € de base, remboursés à 60 %23 € (secteur 1)
DétartrageOui : 28,92 € de base, remboursés à 60 %28,92 €
Bilan parodontal complet (sondage, charting, radios)Non, sauf diabète et certaines pathologies (50 € de base)80 à 250 €
Surfaçage radiculaire (par quadrant ou sextant)Non, sauf diabète et certaines pathologies (80 € par sextant)150 à 400 €
Chirurgie parodontale (lambeau, par zone)Non400 à 900 €
Greffe de gencive (par site)Non500 à 1 200 €
Régénération osseuse (membrane, substitut)Non800 à 2 000 €
Séance de maintenanceDétartrage remboursé, le reste non80 à 200 €

* Fourchettes indicatives observées sur le territoire français, données à titre d'information : elles varient selon la région, l'étendue de la maladie et le praticien. Un devis personnalisé est systématiquement remis avant tout traitement.

Deux points changent la donne pour beaucoup de patients :

  • Le diabète et certaines pathologies (maladie coronaire, insuffisance cardiaque, VIH, polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite grave) ouvrent droit à une prise en charge du bilan parodontal et de l'assainissement par sextant par l'Assurance Maladie, en raison du lien démontré entre l'inflammation des gencives et ces maladies. Voir notre page tarifs et remboursements.
  • Les mutuelles proposent de plus en plus un « forfait parodontologie » ou une garantie « soins dentaires non remboursés par la Sécurité sociale », de 100 à 800 € par an selon les contrats. Demandez le devis, envoyez-le à votre complémentaire avant de commencer.

Notre article parodontologue : prix et remboursement détaille tous les mécanismes, y compris les facilités de paiement et le devis obligatoire.

Comment choisir son parodontologue ?

Le titre de « parodontologue » n'étant pas protégé en France, il vous revient de vérifier quelques éléments avant de confier vos gencives à un praticien.

  • Sa formation : diplôme universitaire ou interuniversitaire de parodontologie, C.E.S., D.E.S. de médecine bucco-dentaire, formations continues, appartenance à une société savante (Société française de parodontologie et d'implantologie orale, EFP).
  • Son orientation d'exercice : un praticien qui consacre l'essentiel de son activité au parodonte voit des centaines de cas par an, et son diagnostic s'affine d'autant.
  • La qualité du bilan : sondage complet noté sur un charting, radiographies, photographies. Un traitement proposé sans sondage ni radiographies doit vous interpeller.
  • La pédagogie : un bon parodontologue vous explique votre maladie, vous montre vos radios, vous apprend les gestes d'hygiène. Le traitement se fait avec vous, pas sur vous.
  • Un programme de maintenance clairement annoncé dès le départ.
  • Un devis transparent, avec des honoraires expliqués et des alternatives présentées.

Méfiez-vous en revanche des promesses de « guérison définitive », des traitements « au laser uniquement » présentés comme miraculeux, ou d'un projet d'implants posés sans avoir d'abord traité la parodontite. Notre article comment choisir son parodontologue propose une grille de 8 critères et les questions à poser.

Trouver un parodontologue près de chez vous

Vous pouvez chercher un parodontologue via votre dentiste traitant, l'annuaire de l'Assurance Maladie, les plateformes de prise de rendez-vous en ligne (filtrez sur « parodontologie ») ou les annuaires des sociétés savantes. Dans tous les cas, appliquez les critères ci-dessus.

Si vous habitez en Seine-et-Marne, le cabinet Parodonto'Lagny du Dr Rebecca Cohen, à Lagny-sur-Marne, est spécifiquement orienté vers la parodontologie et accueille les patients de tout le secteur de Marne-la-Vallée : Thorigny-sur-Marne, Bussy-Saint-Georges, Chelles, Torcy. Le cabinet se trouve à quelques pas de la gare Lagny-Thorigny (ligne P), à 25 minutes de Paris-Est. Prise de rendez-vous en ligne ou via la page contact.