Pendant longtemps, le traitement de la parodontite a varié d'un praticien à l'autre. Ce n'est plus le cas : depuis 2020, la Fédération européenne de parodontologie (EFP) a publié des recommandations de pratique clinique de niveau S3, le plus élevé, fondées sur l'analyse de centaines d'études. Elles définissent une séquence en quatre étapes, applicable aux parodontites de stade I à III, complétée en 2022 pour le stade IV. Ce sont ces recommandations que suit un parodontologue formé, et que cet article vous explique.

Le principe du traitement

La parodontite est une maladie inflammatoire déclenchée par le biofilm bactérien (la plaque dentaire) accumulé sous la gencive, sur un terrain plus ou moins susceptible. Le traitement repose donc sur deux leviers, et deux seulement :

  1. éliminer le biofilm et le tartre là où ils se trouvent, c'est-à-dire au fond des poches parodontales, hors de portée de la brosse ;
  2. empêcher leur retour, par une hygiène quotidienne efficace, la maîtrise des facteurs de risque et un nettoyage professionnel régulier.

Tout le reste, antibiotiques, antiseptiques, laser, compléments, ne peut être qu'un adjuvant à ces deux leviers, jamais un substitut. Cette simplicité est une bonne nouvelle : elle signifie que le résultat dépend pour moitié du praticien, et pour moitié de vous.

Étape 1 : hygiène et facteurs de risque

La première étape est souvent négligée par les patients pressés d'« être traités ». Elle est pourtant décisive : sans contrôle de plaque, le surfaçage ne tient pas.

L'apprentissage de l'hygiène

Le praticien vous montre, sur votre propre bouche, comment brosser (technique, brosse souple ou électrique, deux minutes deux fois par jour) et surtout comment nettoyer les espaces interdentaires, là où commence la parodontite : brossettes interdentaires calibrées à chaque espace, fil dentaire pour les espaces serrés. Cette instruction est personnalisée et répétée à chaque séance.

Le contrôle des facteurs de risque

  • Tabac : c'est le facteur de risque modifiable le plus puissant. Les fumeurs répondent moins bien au traitement et récidivent davantage ; un accompagnement au sevrage fait partie du plan de traitement. Voir tabac et gencives.
  • Diabète : un diabète déséquilibré aggrave la parodontite, et inversement. L'objectif est une hémoglobine glyquée en dessous de 7 %, en lien avec votre médecin. Voir diabète et gencives.
  • Autres : stress, alimentation, certains médicaments, obésité.

Le détartrage supra-gingival

Un détartrage classique élimine le tartre visible et facilite le brossage. Il précède l'assainissement sous-gingival.

Étape 2 : l'assainissement sous-gingival

C'est le cœur du traitement, appelé selon les époques surfaçage radiculaire, détartrage-surfaçage, débridement ou instrumentation sous-gingivale. Sous anesthésie locale, le praticien nettoie la surface des racines au fond de chaque poche, à l'aide d'inserts ultrasoniques fins et de curettes manuelles, pour désorganiser le biofilm et retirer le tartre. Le traitement est réalisé par quadrant ou par moitié de bouche, en une à quatre séances de 45 à 90 minutes, rapprochées sur une à deux semaines.

Les adjuvants : ce que disent les recommandations

AdjuvantPosition des recommandations EFP (2020)
Antiseptiques locaux (chlorhexidine en bain de bouche, en cure courte)Peuvent être envisagés pendant la phase active, en complément du brossage
Antibiotiques locaux (gels, fibres à libération prolongée) dans les pochesPeuvent être envisagés sur des sites précis
Antibiotiques par voie générale (amoxicilline + métronidazole)Non recommandés en routine ; réservés à des cas spécifiques (jeunes adultes avec parodontite généralisée sévère). Voir antibiotiques et parodontite
Laser, thérapie photodynamiqueNon recommandés en complément du surfaçage, faute de bénéfice démontré. Voir laser et parodontite
Probiotiques, statines, oméga-3, doxycycline à faible doseNon recommandés

La réévaluation : le moment de vérité

Huit à douze semaines après le surfaçage, le temps que les tissus cicatrisent, un nouveau sondage complet est réalisé et comparé au charting initial. Trois situations :

  • Les poches sont revenues à 4 mm ou moins, sans saignement : la parodontite est stabilisée. Vous passez directement à l'étape 4, la maintenance. C'est le cas le plus fréquent pour les stades I et II, et pour une majorité de sites en stade III.
  • Quelques poches de 5 mm persistent, avec ou sans saignement : un nouveau surfaçage localisé peut être réalisé, ou une surveillance rapprochée en maintenance.
  • Des poches de 6 mm ou plus persistent, souvent au niveau des molaires ou de défauts osseux profonds : c'est l'indication de l'étape 3.

Pourquoi les gencives « se rétractent » après le traitement : en dégonflant, la gencive inflammatoire retrouve sa place, plus bas qu'avant. Les dents paraissent plus longues et des espaces apparaissent entre elles. Ce n'est pas un effet indésirable du traitement mais la révélation de l'os déjà perdu par la maladie. Ce phénomène est prévisible et vous est annoncé dès le départ.

À quel stade en êtes-vous ?

Notre autodiagnostic gratuit vous donne une première idée en 2 minutes. Le bilan au cabinet précise ensuite le stade et le traitement adapté.

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Étape 3 : la chirurgie parodontale

Réservée aux sites qui n'ont pas répondu au traitement non chirurgical, la chirurgie parodontale consiste à soulever la gencive pour accéder directement aux racines et à l'os. Trois familles d'interventions :

  • le lambeau d'assainissement (chirurgie d'accès), qui permet un nettoyage sous contrôle visuel des poches profondes ;
  • la chirurgie résectrice, qui remodèle l'os et la gencive pour supprimer les poches, notamment au niveau des furcations molaires ;
  • la chirurgie régénératrice, qui vise à faire repousser l'os et le ligament dans les défauts osseux profonds et étroits, à l'aide de membranes, de substituts osseux ou de protéines de la matrice amélaire. C'est la seule situation où l'on « récupère » une partie du support perdu.

La chirurgie se pratique sous anesthésie locale, au cabinet, en 45 à 90 minutes par secteur. Les suites sont modérées. Elle n'a de sens que sur un patient dont l'hygiène est maîtrisée et, idéalement, qui ne fume pas.

Étape 4 : la maintenance parodontale

Une fois la maladie stabilisée commence l'étape la plus longue, et la plus déterminante : la maintenance, appelée aussi thérapeutique parodontale de soutien. Tous les 3 à 6 mois selon votre risque, une séance associe contrôle du sondage, nettoyage professionnel supra et sous-gingival, réinstruction de l'hygiène et surveillance des facteurs de risque. Les données sur 10 à 30 ans sont sans appel : les patients qui suivent leur maintenance conservent la quasi-totalité de leurs dents, ceux qui l'abandonnent récidivent et en perdent plusieurs.

Le cas particulier des parodontites de stade IV

Au stade IV, la perte osseuse est telle que la fonction est atteinte : dents très mobiles, migrations importantes, dents manquantes, mastication difficile. Les recommandations de 2022 ajoutent aux quatre étapes une réhabilitation : contention des dents mobiles, traitement orthodontique pour réaligner les dents migrées (une fois la parodontite stabilisée), remplacement des dents perdues par prothèse ou implants, et ajustement de l'occlusion. Le traitement est plus long et pluridisciplinaire, mais des résultats stables restent possibles.

Le calendrier type d'un traitement

MomentCe qui se passe
Semaine 0Première consultation : bilan, sondage, radios, diagnostic, plan de traitement et devis
Semaines 1 à 2Étape 1 : instruction à l'hygiène, détartrage, prise en charge du tabac et du diabète
Semaines 2 à 4Étape 2 : surfaçage en 1 à 4 séances
Semaines 10 à 16Réévaluation : nouveau sondage, décision
Mois 4 à 6Étape 3 si nécessaire : chirurgie sur les sites résiduels, puis nouvelle réévaluation
À partir du mois 6, à vieÉtape 4 : maintenance tous les 3 à 6 mois

Les résultats à attendre

Un traitement bien conduit, chez un patient qui applique les consignes, obtient dans la grande majorité des cas l'arrêt des saignements, la fermeture des poches, la disparition de la mauvaise haleine, la stabilisation des mobilités légères et la conservation des dents. Ce qu'il n'obtient pas : la repousse spontanée de l'os, la disparition des récessions, la remontée de la gencive. Nous détaillons cette question dans peut-on guérir d'une parodontite ?

Le coût de chaque étape, les actes remboursés et le rôle de la mutuelle sont expliqués dans prix et remboursement. Au cabinet Parodonto'Lagny, à Lagny-sur-Marne, le traitement de la parodontite suit exactement cette séquence, avec un plan écrit remis dès la première consultation. Consultez aussi notre page traitements et le déroulement des soins.