« J'ai fait un détartrage il y a trois mois, pourquoi mes gencives saignent-elles encore ? » Parce que le détartrage et le surfaçage sont deux actes différents, qui répondent à deux problèmes différents. Le premier prévient ; le second traite. Confondre les deux, c'est risquer de laisser une parodontite évoluer en croyant s'en occuper.

Le détartrage : nettoyer ce qui se voit

Le détartrage élimine la plaque et le tartre déposés sur la partie visible des dents et dans le sillon gingival, sur un ou deux millimètres sous la gencive. Il est réalisé avec un instrument à ultrasons dont l'extrémité vibre et pulvérise le tartre sous irrigation, complété par des instruments manuels et un polissage à la pâte pour lisser les surfaces. Sans anesthésie, il dure 20 à 30 minutes.

C'est un acte de prévention : en retirant le tartre supra-gingival, réservoir de bactéries, il prévient la gingivite, facilite le brossage et redonne aux dents leur aspect. L'Assurance Maladie le prend en charge (28,92 € de base, remboursés à 60 %) et le recommande une à deux fois par an selon le profil. Le détartrage peut traiter une gingivite, puisque l'inflammation est alors limitée à la gencive et le tartre superficiel. Il ne traite pas une parodontite.

Le surfaçage : nettoyer ce qui ne se voit pas

Le surfaçage radiculaire, appelé aussi détartrage-surfaçage, débridement ou instrumentation sous-gingivale, agit là où le détartrage s'arrête : dans les poches parodontales, ces espaces de 4 à 10 mm qui se sont creusés entre la gencive et la racine sous l'effet de la parodontite. La surface de la racine y est recouverte de tartre et d'un biofilm bactérien qui entretiennent l'inflammation et la destruction de l'os.

Sous anesthésie locale, le praticien nettoie chaque racine avec des inserts ultrasoniques fins et des curettes manuelles, jusqu'au fond de la poche, et lisse la surface pour rendre la réadhésion de la gencive possible. Le surfaçage se pratique par quadrant ou par moitié de bouche, en une à quatre séances de 45 à 90 minutes. C'est le traitement de référence de la parodontite, l'étape 2 de la séquence recommandée par la Fédération européenne de parodontologie, comme expliqué dans les 4 étapes du traitement parodontal.

Détartrage et surfaçage : le comparatif

DétartrageSurfaçage radiculaire
Zone traitéeCouronne des dents et sillon gingival (1 à 3 mm)Racines, au fond des poches parodontales (4 à 10 mm et plus)
ObjectifPrévention, traitement de la gingiviteTraitement de la parodontite
AnesthésieNon (sauf sensibilité)Locale, systématique
Durée20 à 30 minutes, bouche entière45 à 90 minutes par séance, 1 à 4 séances
InstrumentsUltrasons, polissageUltrasons à inserts fins, curettes, parfois aides optiques
PréalableAucunBilan parodontal avec sondage et radiographies
SuiviContrôle annuelRéévaluation à 8-12 semaines, puis maintenance tous les 3 à 6 mois
RemboursementOui (28,92 € de base, 60 %)Hors nomenclature, sauf diabète et certaines pathologies (80 € par sextant)
Prix indicatif28,92 € (secteur 1)150 à 400 € par quadrant
Fréquence1 à 2 fois par anUne fois en phase active, puis ponctuellement en maintenance sur les sites qui rechutent

Pourquoi un détartrage ne suffit pas contre la parodontite

Trois raisons, toutes mécaniques :

  1. La portée. L'insert d'un détartrage classique travaille à l'aveugle sur les premiers millimètres du sillon. Le tartre logé à 6 mm de profondeur, sur une racine courbe, entre deux racines d'une molaire, reste hors d'atteinte. Or c'est précisément lui qui entretient la maladie.
  2. L'anesthésie. Nettoyer le fond d'une poche inflammatoire est sensible ; sans anesthésie, le praticien ne peut pas travailler avec la minutie nécessaire, et le patient ne le supporterait pas.
  3. Le temps. Un surfaçage complet demande plusieurs heures réparties sur plusieurs séances. Il ne rentre pas dans un créneau de détartrage.

La conséquence est bien connue des parodontologues : des patients qui ont eu des détartrages réguliers pendant des années, et dont la parodontite a progressé en dessous, sans bruit. Si vos gencives saignent encore quelques semaines après un détartrage, c'est le signal qu'un bilan parodontal s'impose, comme nous l'expliquons dans quand consulter un parodontologue.

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Comment se déroule un surfaçage

  1. Le bilan préalable. Pas de surfaçage sans sondage ni radiographies : le praticien doit savoir où sont les poches, leur profondeur et l'anatomie des racines.
  2. L'anesthésie locale du secteur traité, comme pour un soin de carie.
  3. Le nettoyage sous-gingival aux ultrasons, puis aux curettes, dent par dent, face par face. Certains praticiens utilisent des loupes ou un microscope pour un contrôle plus fin.
  4. L'irrigation des poches avec un antiseptique, parfois l'application d'un antibiotique local sur des sites précis.
  5. Les consignes : hygiène, bains de bouche à la chlorhexidine pendant une à deux semaines, antalgiques si besoin.

Deux organisations existent : le surfaçage par quadrant, sur deux à quatre séances espacées de quelques jours, ou le surfaçage « bouche entière » en une ou deux séances rapprochées sur 24 heures. Les études ne montrent pas de différence de résultat : le choix dépend de votre tolérance et de votre emploi du temps.

Les suites : à quoi s'attendre

  • Une sensibilité au froid pendant quelques jours à quelques semaines, sur les racines nettoyées. Un dentifrice pour dents sensibles la réduit.
  • Une gêne modérée le soir même, calmée par un antalgique simple. Pas de douleur vive.
  • Des gencives qui dégonflent : en quelques semaines, l'inflammation régresse, le saignement disparaît, et la gencive retrouve sa place, un peu plus bas. Les dents peuvent paraître plus longues et des espaces apparaître entre elles. Ce n'est pas le surfaçage qui « déchausse » : il révèle l'os déjà perdu.
  • Une meilleure haleine rapidement, les bactéries responsables ayant été éliminées.

La réévaluation à 8-12 semaines mesure le résultat : dans la majorité des cas, les poches sont revenues à 4 mm ou moins et le patient passe en maintenance. Sur les sites qui résistent, un nouveau surfaçage localisé ou une chirurgie peuvent être proposés.

Trois idées reçues

« Le détartrage abîme l'émail »

Non. Les ultrasons et le polissage n'entament pas l'émail. La sensation de « dents qui accrochent » après un détartrage vient de la disparition du tartre qui recouvrait les surfaces.

« Le détartrage déchausse les dents »

Non plus. Le tartre retiré ne « tenait » pas les dents : il occupait la place de la gencive et de l'os détruits par l'inflammation. Le vide qui apparaît après le nettoyage existait déjà, caché.

« Un surfaçage, c'est juste un détartrage plus profond »

C'est la formule que l'on entend parfois, et elle est trompeuse. Le surfaçage est un traitement médical d'une maladie, avec un diagnostic préalable, une anesthésie, une réévaluation et un suivi. Le détartrage est un acte d'hygiène. La différence est la même qu'entre un nettoyage de peau et le traitement d'une infection cutanée.

Au cabinet Parodonto'Lagny, à Lagny-sur-Marne, le surfaçage est toujours précédé d'un bilan complet et suivi d'une réévaluation ; les tarifs et modalités de prise en charge sont détaillés dans prix et remboursement.