Beaucoup de patients repoussent leur premier rendez-vous chez le parodontologue par crainte de l'inconnu : vont-ils avoir mal, va-t-on leur annoncer qu'ils vont perdre leurs dents, combien de temps cela va-t-il prendre ? En réalité, la première consultation est un rendez-vous d'écoute, d'examen et d'explication. Aucun traitement invasif n'y est pratiqué. Voici, dans l'ordre, ce qui vous attend.

Avant le rendez-vous : ce qu'il faut préparer

Les documents à apporter

  • votre carte Vitale et votre carte de mutuelle ;
  • la liste de vos médicaments (ou vos ordonnances), en particulier anticoagulants, antiagrégants, traitements du diabète, de l'hypertension, de l'ostéoporose (bisphosphonates), immunosuppresseurs ;
  • vos radiographies dentaires récentes (panoramique, clichés), si vous en avez : cela évite de les refaire ;
  • le nom de votre dentiste traitant et, le cas échéant, sa lettre d'adressage ;
  • vos derniers résultats d'analyses si vous êtes diabétique (hémoglobine glyquée), utiles pour évaluer le grade de la maladie et la prise en charge.

Ce qu'il ne faut pas faire

  • N'arrêtez aucun traitement médical de votre propre initiative, notamment les anticoagulants : la consultation ne comporte pas de geste sanglant, et toute adaptation se décide avec votre médecin.
  • Ne vous brossez pas les dents « pour la première fois depuis des semaines » la veille : le praticien a besoin de voir votre situation habituelle, plaque comprise. Brossez-vous normalement.
  • N'évitez pas de manger avant : le rendez-vous est long et ne nécessite pas d'être à jeun.

Le déroulement, étape par étape

1. Le questionnaire médical et l'entretien (10 minutes)

Vous remplissez un questionnaire de santé, puis le praticien vous interroge : depuis quand saignent vos gencives, avez-vous remarqué des dents qui bougent, une mauvaise haleine, des dents qui « s'allongent » ? Vos antécédents dentaires (extractions, traitements passés), vos antécédents familiaux (parents ayant perdu des dents jeunes), votre consommation de tabac, votre état de santé général (diabète, maladies cardiovasculaires, grossesse), votre stress, vos habitudes d'hygiène, tout compte. Ces informations pèsent autant que l'examen : elles déterminent le grade de la maladie, c'est-à-dire sa vitesse de progression probable.

2. L'examen clinique (10 minutes)

Le praticien observe la couleur, le volume et la texture de vos gencives, la présence de plaque et de tartre, les récessions, les mobilités dentaires, les migrations, l'état de vos restaurations et de votre occlusion. Il examine aussi les muqueuses, la langue et les ganglions : c'est un examen bucco-dentaire complet.

3. Le sondage parodontal (15 minutes)

C'est l'examen clé, détaillé ci-dessous. Chaque dent est mesurée en six points, et les valeurs sont reportées sur un charting, une carte de votre bouche qui servira de référence pour toute la suite.

4. Les radiographies (10 minutes)

Un bilan rétro-alvéolaire (une série de petits clichés, en général 10 à 14) ou, à défaut, une panoramique, permet de visualiser le niveau de l'os autour de chaque racine, les atteintes entre les racines des molaires, le tartre sous-gingival et d'éventuelles lésions associées. Ces clichés numériques sont très faiblement irradiants. Si vous avez des radios récentes, elles sont utilisées en priorité.

5. Les photographies

De plus en plus de cabinets réalisent des photographies de vos gencives : elles documentent l'état initial, servent à vous expliquer la situation et permettent de mesurer l'évolution.

6. Le diagnostic et le plan de traitement (10 à 15 minutes)

Le praticien vous explique ce qu'il a trouvé, vous montre vos radios et votre charting, et vous propose un plan de traitement en plusieurs étapes, avec son calendrier et son devis. C'est le moment de poser vos questions.

Le sondage parodontal : est-ce que ça fait mal ?

Le sondage consiste à glisser une fine sonde graduée dans le sillon qui sépare la gencive de la dent, en six points par dent, pour mesurer sa profondeur en millimètres. Un sillon sain mesure 1 à 3 mm ; au-delà, on parle de poche parodontale. Le praticien note aussi si le sondage provoque un saignement, signe d'inflammation active, ainsi que la hauteur des récessions, les mobilités et les atteintes de furcation.

Le sondage est indolore sur une gencive saine et légèrement sensible sur une gencive inflammatoire : la sonde est utilisée avec une pression très faible, calibrée. Il n'est jamais nécessaire d'anesthésier pour un sondage, sauf hypersensibilité exceptionnelle. Les saignements provoqués s'arrêtent en quelques secondes. Le déroulement complet de cet examen est détaillé dans notre article sur le bilan parodontal.

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Notre autodiagnostic gratuit vous situe en 2 minutes. Il ne remplace pas le sondage, mais il vous aide à préparer vos questions.

Faire l'autodiagnostic

L'annonce du diagnostic

À l'issue du bilan, vous saurez si vous avez une gingivite (inflammation réversible limitée à la gencive) ou une parodontite (atteinte de l'os), et dans ce cas à quel stade et grade. Cette classification, adoptée en 2017 par les sociétés savantes américaine et européenne, décrit à la fois la sévérité des dégâts (stade I à IV) et la vitesse d'évolution attendue (grade A, B ou C). Elle guide le traitement et permet de comparer votre situation dans le temps.

Le praticien vous précise aussi le pronostic de chaque dent : bon, réservé ou défavorable. Il est rare qu'une dent soit condamnée dès la première consultation ; le plus souvent, la décision sur les dents douteuses est reportée après la première phase de traitement et la réévaluation.

Une bonne nouvelle à retenir : même à un stade avancé, la grande majorité des parodontites peuvent être stabilisées. Le traitement ne fait pas repousser l'os perdu, mais il arrête la destruction. Lire aussi peut-on guérir d'une parodontite ?

Durée et coût de la première consultation

Comptez 45 minutes à une heure. Côté coût, la consultation elle-même est remboursée par l'Assurance Maladie sur une base de 23 €, et les radiographies également. Le bilan parodontal (sondage complet, charting, diagnostic, plan de traitement) est un acte hors nomenclature, facturé en général entre 80 et 250 € selon les cabinets, sauf pour les patients diabétiques et atteints de certaines pathologies, chez qui il est pris en charge sur une base de 50 €. Selon les cabinets, le bilan est réalisé lors de cette première consultation ou lors d'un second rendez-vous dédié. Tous les détails dans prix et remboursement.

Les questions à poser

Vous êtes en droit de sortir de la consultation avec des réponses claires. Les questions qui comptent :

  • Quel est mon diagnostic, et quel est le stade de ma maladie ?
  • Quelles dents ont un pronostic réservé ?
  • Quelles sont les étapes du traitement, et combien de temps vont-elles prendre ?
  • Que dois-je changer dès aujourd'hui dans mon hygiène ?
  • Combien cela va-t-il coûter, étape par étape, et qu'est-ce qui est remboursé ?
  • Qu'est-ce qui se passe si je ne fais rien ?

Retrouvez notre grille complète dans comment choisir son parodontologue.

Et après ?

Le traitement proprement dit commence lors des rendez-vous suivants, selon la séquence des quatre étapes du traitement parodontal : d'abord l'apprentissage de l'hygiène et le contrôle des facteurs de risque, puis l'assainissement sous-gingival en une à quatre séances, une réévaluation 8 à 12 semaines plus tard, une éventuelle phase chirurgicale, et enfin la maintenance. Dès la première consultation, vous repartez en général avec des consignes d'hygiène personnalisées : brosse adaptée, technique, brossettes interdentaires calibrées. Les mettre en œuvre avant même le surfaçage améliore nettement les résultats.

Au cabinet Parodonto'Lagny, à Lagny-sur-Marne, la première consultation suit exactement ce déroulement : entretien, examen, sondage, radiographies, explication du diagnostic et remise d'un plan de traitement écrit. Vous pouvez prendre rendez-vous en ligne ou via la page contact ; pour le déroulement des soins ultérieurs, consultez le déroulement des soins.